Ekatarina Piery participera aux championnats d’Europe en salle d’athlétisme pour les sourds qui se dérouleront à Gènes en Italie du 28 février au 2 mars 2008. Licenciée à l’AC Saint-Paul dans la section handisport, elle a été sélectionnée à la suite de sa prestation aux championnats de France handisport d’athlétisme en salle d’Aubonne le 2 février dernier où elle a pris la seconde place du 800 m.
Une sélection qui met du baume au cœur à la directrice technique du comité régional handisport, Annick Amacouty, qui déclare “recevoir cette sélection comme un honneur pour le handisport réunionnais”, et voit là une preuve du potentiel des athlètes sourdes de la Réunion après la médaille de bronze sur 200 m de Dolorès Dobaria aux 7e jeux des îles à Madagascar.
Elle impressionne ses amis d’entraînement et notamment Réjane qui a laissé tomber le fond pour se consacrer au 800 et au 1500 M “Elle me motive car elle s’entraîne même sous la pluie, dit elle. Pour elle ce n’est que de l’eau sur la piste, elle a couru les pieds dans la neige…” poursuit la jeune femme admirative. Ekatarina Piery n’est pas une inconnue dans l’athlétisme. Elle détient le record de France féminin du 800 m sourd en 2’ 16” 98 et celui du 1500 m en 4’ 47”64. C’est sa quatrième sélection sous les couleurs nationales. Née en URSS en 1974 à Moscou, Ekatarina connaît les centres pour les malentendants de Moscou. On n’y apprend pas la langue des signes (qui est interdite) mais elle la pratique en cachette avec ses camarades. Elle commence l’athlétisme à 13 ans en intégrant un centre d’entraînement pour le haut niveau. La chute de l’empire soviétique lui ouvre de nouvelles perspectives et en 1993 la jeune moscovite est sélectionnée pour représenter la Russie au J.O des sourds à Sofia (Roumanie). Première médaille de bronze et un record de Russie junior en 2’15” toujours d’actualité. Elle quitte la Russie pour partir apprendre les langues (elle a obtenue un DEUG de langues étrangères). C’est en Espagne qu’elle rencontrera celui qui allait devenir son mari. Elle s’installe à Toulouse pendant 7 ans avant de venir à la Réunion pour des raisons professionnelles. Elle enseigne le langage des signes.