Ces témoignages sont tirés du dossier de presse Ni pauvre ni soumis, il y en a beaucoup d’autres…
200 euros pour une mère et son fils
Madame Charpentier, 48 ans, souffre d’une déficience visuelle évolutive. Elle a travaillé jusqu’en 1996 où elle a été licenciée pour inaptitude. Elle a été présidente de la section FNATH de Chaumont (Haute-Marne). Elle touche une pension d’invalidité de 2e catégorie équivalente à 457 euros nets par mois. Elle ne peut prétendre au complément de ressources et conserve l’ACTP qu’elle estime plus avantageuse pour elle. Cela couvre notamment ses dépenses pour son chien guide. Elle touche un complément de 76 euros du Fonds spécial invalidité (FSI) et perçoit, dit-elle, une pension alimentaire de 76,22 euros ( ! ) pour son fils de 15 ans de la part de son ex-mari. “ La Sécurité sociale se fie au jugement prononcé par le juge aux affaires familiales, même s’il y a manifestement défaut de paiement, elle n’en tient pas compte », constate-t-elle amèrement. Grâce à l’APL, elle a pu obtenir un logement « plus ou moins » adapté qui lui coûte au final 200 euros par mois. « Il nous reste donc environ 200 euros pour moi et pour mon fils pour les dépenses du mois.”
Je ne prends qu’un vrai repas par jour
Giovanni, 47 ans, célibataire, Paris
Séropositif depuis 1993 – pension d’invalidité d’environ 630 € par mois
“ Les franchises vont rendre plus difficile encore ma situation qui l’est déjà beaucoup. Je perçois une pension d’invalidité de 630 euros par mois et une allocation logement de 200 euros. Une fois que j’ai payé mon loyer, ma mutuelle et les charges, il me reste moins de deux cents euros pour boucler mon mois. Cela devient de plus en plus difficile.
Avec mes quinze boîtes de médicaments, mes consultations, les séances de kiné dont j’ai besoin pour mes jambes qui me font souffrir, les 50 euros de franchises seront vite atteints.
Je sais que je vais désormais réfléchir à deux fois avant de faire certains soins. Il est faux de croire que toutes mes dépenses de santé sont remboursées parce que je suis pris en charge à 100 % pour le VIH. Par exemple, j’ai des problèmes de gencive du fait de ma maladie. Mais pour cela, je paie plein pot comme tout le monde. Je suis parfois obligé de prendre d’autres médicaments qui ne me sont pas prescrits pour le VIH, ce qui fait des frais supplémentaires puisqu’ils ne sont pas couverts par le 100 %.
Faute de moyens financiers, je ne prends qu’un vrai repas par jour.
C’est évident que Roselyne Bachelot ne connaît pas des gens qui sont dans ma situation où alors c’est qu’elle n’a pas réfléchi aux conséquences d’une telle mesure pour les gens comme moi.”
La peur, la honte, la culpabilité
Hervé, 48 ans, divorcé et grand-père, Dunkerque
Séropositif – 723 € de pension invalidité + assurance rente incapacité 950€ par trimestre (imposables ce qui lui a fait perdre APL + lui fait payer redevance télé et taxe habitation)
“ Une fois les dépenses indispensables (loyer, EDF/GDF/eau, taxe ordure ménagères, mutuelle, assurance habitation, téléphone/Internet/TV, contrat obsèques, aide-ménagère…) enlevées à mes ressources, il me reste 360 € par mois pour survivre. Et je ne déduis pas encore tous les petits prélèvements comme les 1€ par acte médical et maintenant les 0,50€ par boîte de médicament, les frais de soins non-remboursés par la Sécurité Sociale, les frais postaux, les frais bancaires…
Je n’ai aucun loisir, je n’ai pas de vie sociale, la peur, la honte, la culpabilité, je reste chez moi me forçant à réduire la moindre dépense !
Je me sens culpabilisé au quotidien, obligé de raquer sans arrêt pour des choses essentielles à la vie. Je vis l’angoisse permanente des factures, des soucis médicaux, de l’avenir. J’ai peur d’arriver à 60 ans, au moment où je percevrais la retraite vieillesse qui sera encore inférieure à ce que je perçois actuellement mais aussi au moment où ma rente me sera supprimée ! Je n’ai pas envie de finir sous les ponts, SDF.”