Une pleine page dans chaque quotidien, quelques mots à la télé et sur les radios, une fronde s’organise pour dénoncer plusieurs milliers de dossiers en souffrance à la MDPH. Pour seul remède, le piston d’un élu, d’un employé. Si, si, c’est comme ça que ça marche, nous l’avons testé. Un renouvellement de carte d’invalidité peut prendre plus d’un an…
Il y a des jours comme ça où l’on a envie de donner des baffes. Le sujet fâche et il y a de quoi. Dans les discussions dans le milieu malade/handicap, la MDPH (maison départementale des personnes handicapées) a presque remplacé le transport. Et c’est peu dire. Enfin ! Une poignée d’associations de personnes souffrant de maladies invalidantes et de personnes handicapées sont parties, à visage découvert, à l’assaut de l’incompétence ordinaire qui règne dans notre département et dans sa maison en matière de la gestion sociale de ce public en difficulté. Et d’éclater au grand jour la guerre larvée qui dure depuis des mois entre la présidence, et tout ce qui gravite autour, et le directeur de la MDPH qui est accusé de tous les maux. Pour la petite histoire, ce dernier était présenté lors de son intronisation en graaaaannnnde pompe dans l’hémicycle de la Source comme un homme dévoué et compétent, ce qu’il est assurément, son parcours professionnel fait foi. Il remplaçait le premier directeur de la MDPH, éjecté manu militari pour incompétence. L’histoire bégaie. Deux directeurs en deux ans, et bientôt un troisième, puis un quatrième ? Il est accusé de mauvaise gestion. Ben voyons ! Qui tourne le robinet ? Les conseillers généraux. Des élus qui se permettent des remarques dans les commissions du style “c’est cher pour deux bouts de tubes” en parlant d’aménagement d’accessibilité dans un logement. Les familles se taisent de peur de voir leur allocation s’envoler. Et on a l’habitude de se taire quand on est porteur d’un handicap. La honte, la culpabilité, la menace, on sait en jouer à la Réunion pour faire taire ceux, malades, familles ou handicapés, qui oseraient demander des comptes.
Et puis toutes ces associations sont dépendantes du département pour le financement de leur fonctionnement. D’ailleurs, l’audit en cours et les membres de la commission créée pour l’occasion en sont directement dépendants. Seules les associations ayant une assise nationale élèvent la voix, et encore, pas trop fort pour certaines. Bref, des départements mettent les moyens nécessaires au bon fonctionnement de leur MDPH. A la Réunion on entretien la chienlit. Pas de personnel suffisamment en nombre, pas ou mal formé, en CDD. D’ailleurs beaucoup de personnes handicapées ont été embauchées à l’ouverture de la MDPH, il en reste combien ? Et parmi celles qui restent, pourquoi ces pressions pour qu’elles ne participent plus à la vie associatives ?
Quand le DGS du département parle de mauvaise gestion du directeur de la MDPH dans les journaux, il se garde bien d’expliquer le manque de vision des services et des élus dans ce dossier. Aujourd’hui de plus en plus de personnes font valoir leurs droits, et le conseil général serait avisé d’anticiper les moyens à mettre en œuvre tant sur le plan des finances que sur le plan des aides aux personnes. C’est pour cela que les conseillers ont été élus et non pour se faire photographier avec un handicapé de service histoire d’illustrer les bulletins. Là aussi il y a des spécialistes… des deux côtés.
Pour conclure, environ 5000 dossiers restent à quai. Qu’est-ce qu’on fait ? On continue une cuisine post électorale et des centaines de familles attendent leur 628 euros et l’aide pour effectuer des aménagements, ou les conseillers généraux ont le courage politique (aïe c’est lâché) de remettre à plat les conditions de leur gestion de la MDPH et donner de vrai moyens en personnels et financier pour que chaque citoyen concerné obtienne dans un délai DÉCENT, ce dont il a droit.