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Archive pour Mercredi 25 février 2009

Handisport : la formation des cadres domiens au prix du kilo de caviar Sevruga Classic : 5311 €

Ekatarina Piery

Après deux annulations de son voyage, le président de la fédération française handisport sera à la Réunion du 26 février au 6 mars 2009. Un séjour pour une rencontre des associations le samedi 28 février de 9 heures, et le tour des institutions et des partenaires privés pour apporter “de l’eau” au moulin du handisport et du comité en premier lieu, c’est à dire plus d’argent.

Reste que pour la large majorité des licenciés handisport de la Réunion, la fédération est bien absente et son rôle pour notre île bien obscur. Jusqu’à présent, l’éloignement n’est pas un critère suffisant pour une reconnaissance des frais engendrés soit pour former, ou pour participer aux rencontres nationales. “A la Réunion vous recevez beaucoup d’argent”. Un leitmotiv relayé sur le territoire métropolitain.

En ce qui concerne les formations, s’il y a eu des CQH (certificat de qualification handisport) organisés à la Réunion, c’est à la demande des ligues valides comme le canoë-kayak ou la plongée. Des formateurs sont venus de métropole pour assurer les modules A et B. Les associations handisport qui souhaitent former leur cadre, se retrouve à devoir débourser les frais de transport, pour trois voyages, car ces formation ne sont dispensées qu’en métropole. Le module A, et le module B qui se déroule en deux parties… Ces frais ne sont, normalement pas pris en considération par le CNDS. L’Etat qui oblige tout de même à avoir des personnels diplômés, une exigence somme toute normale, sauf que l’association réunionnaise est au même plan que l’association de métropole. Les organismes formateurs métropolitain, souvent des comité régionaux, ne regarde pas d’où l’on vient. Pour une association réunionnaise un CQH revient à 5 000 euros… Dont 3000 ne sont pas éligibles à la subvention. Aucune intervention de la fédération pour la formation de ses cadres… à ce jour.

Participer aux rencontres nationales est également un luxe pour les associations handisport de la Réunion. Le sportif handicapé a souvent besoin d’une tierce personne pour voyager en avion. Pas de financements et une aide aléatoire de l’ORESSE sur le prix hors taxes du billet d’avion. A cela s’ajoute de la part du comité régional, 50 € de frais de dossier pour l’émission du billet, soit pratiquement un quart de l’aide de l’ORESSE… Une prestation facturée 16 euros en 2007 par l’agence de voyage Thomas Cook, la même qui délivre les billets ORESSE au CRH.

Enfin, l’aide fédérale à l’achat de matériel conditionnée, semble t-il, à la participation à l’assemblée générale de la fédération, ou de la remise d’une procuration. Si l’ORESSE prend en charge l’intégralité du billet d’avion du président du comité, il n’en est rien pour les présidents d’association. Ceux-ci ne peuvent donc pas y participer. Le représentant régional ne peut être porteur que de quatre procurations, il faudrait donc donner sa procuration en blanc à la fédération ou au représentant (s) du comité pour avoir droit à l’aide fédérale. Cette année 2009 est élective, il ne fait pas de doute que les procurations des associations réunionnaises seront nombreuses dans l’urne. Dans les statuts fédéraux, l’article 1 du titre III stipule : Les associations des départements et territoires d’Outre-mer, Saint-Pierre-et-Miquelon et Mayotte peuvent en outre confier leur mandat à n’importe quelle association de métropole.

Le statut de sportif de haut niveau d’une athlète sourde licenciée à l’Athlétic club de Saint-Paul, devrait être abordé. Ekaterina Piery (photo) totalise plusieurs sélections en équipe de France, dont deux depuis qu’elle est à la Réunion. Ce statut n’est toujours pas mis en place pour les sourds par l’Etat. Le statut de haut niveau permet aux sportifs de bénéficier, entre autres, de la prise en charge du voyage. Ce qui n’est pas le cas actuellement. Ekaterina a pris la 3e place du 800 m au championnat du monde des sourds en Turquie. Elle a fini à la deuxième place du 3 000 m aux championnat de France en salle à Eaubonne le 7 février 2009 en 11′ 14″ 01 à 5 centièmes d’Assia El Hannouni.

Bref une visite que l’on peu estimer comme politique pour faire rentrer de l’argent dans les caisse du comité, trouver les fonds nécessaires pour payer les salariés sur la base de la convention collective nationale du sport, entre 30 et 35 000s euro par an pour un cadre classe 7 ou 8. Soit 6 fois le budget d’une association moyenne handisport. En ce qui concerne les association, elles espèrent du concret et du solide de la part d’une fédération à 10 000 km de leurs préoccupations.

Les sportifs du sport adapté aux Paralympiques ? Oui, mais…

handisport, sport adapté

On se souvient de la déclaration du président de la fédération française handisport sur la participation d’athlètes du sport adapté aux Paralympiques. Un pavé dans la mare, et une vive réaction du président de la fédération française du sport adapté, Yves Foucault. Ce dernier déclarait dans une interview sur le site handicap.fr : “Ca a été évidemment un coup de poignard dans le dos, d’autant plus que nous nous connaissons très bien avec Gérard puisque nous faisons tous deux partie du Comité national paralympique depuis trois ans. Je l’ai appelé jeudi soir et lui ai passé un savon. Il a le droit de penser ces choses là mais pas de les dire. Nous devons servir ensemble la cause des sportifs handicapés…”

Le 13 février 2009, Gérard Masson diffuse le communiqué ci-dessous. Un communiqué quelques peu abstrait si on ne connaît pas le fond de la polémique au niveau international : le manque de fiabilité des procédures de classification des athlètes du sport adapté. En clair, comment déceler si une personne est porteuse d’un handicap cognitif ou ne l’est pas. Mais cela dépasse largement le cadre des fédérations françaises. C’est l’IPC (International paralympic committee) qui prendra la décision d’une participation des sportifs handicapés mentaux à Londres.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE | Paris, le 13 février 2009

« Dans le communiqué du 28 octobre 2008 dont je suis signataire, j’ai prononcé des mots [1] dont je regrette qu’ils aient pu entraîner des incompréhensions de la part des personnes handicapées, de leurs familles et des associations représentatives.

Je tiens à dire clairement mon souhait le plus profond que la pratique du sport et des compétitions de haut niveau soit ouverte à toutes les personnes handicapées qui le désirent sans aucune exclusive, dans un cadre technique s’appliquant à tous.

Je formule le vœu que le travail - mené au niveau international - sur les conditions techniques de classification des athlètes en situation de handicap mental ouvrira le principe de leur participation aux Jeux Paralympiques dans l’avenir et si possible dès les Jeux de Londres de 2012.

Je partage avec l’ensemble des associations la conviction que nul ne peut être rejeté d’aucune compétition, fût-elle de haut niveau, du seul fait de son handicap et de l’image qu’il pourrait susciter. Cette conviction s’ancre d’ailleurs dans les conventions et chartes internationales et européennes portant sur les droits humains et interdisant toute forme de discrimination, auxquelles j’adhère pleinement. »

Gérard Masson,
Président de la Fédération Française Handisport

[1] : « …Nos adhérents sportifs handicapés physiques, visuels et auditifs ne souhaitent pas être assimilés à des handicapés mentaux et ne veulent pas que le grand public fasse l’amalgame ; notamment lors des grandes compétitions… »

Photo : Mathieu Flaconel médaille d’or du 100 m handicapés mentaux aux 7e Jeux des îles de l’océan Indien en 2007 à Madagascar

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