Archive de la catégorie Social

Cahin-Caha, ainsi va la loi sur le handicap

Parce que la compréhension d’un texte de loi est souvent vécue comme étant délicate voire difficile, parce que la loi handicap du 11 février 2005 n’échappe pas à cette règle, l’APF lance le jeu Cahin-Caha. Créé à l’initiative de Valérie Meurou, ce jeu a pour vocation d’accompagner tous les acteurs confrontés de part leur fonction élective, leur profession, leur mission associative à la lecture, à la transmission de connaissances ou encore à la mise en application de la loi du 11 février 2005.

Un jeu sur la loi du 11 février 2005 : pourquoi ?
Au regard des enjeux de la loi handicap et de son application, il est apparu intéressant de créer un moyen ludique de sensibilisation, de formation et d’appropriation de la loi et de son esprit.
Un jeu sur la loi du 11 février 2005 : pour qui ?
- aux élus
- aux professionnels des Maisons Départementales des Personnes Handicapées
- aux membres des Commissions Exécutives et Commissions des Droits et de l’Autonomie
- aux professionnels du secteur social et ou médico-social
- aux étudiants, aux organismes de formations
- aux bénévoles et salariés des associations
Un jeu évolutif : quelles perspectives ?
Au regard de l’évolution de la Loi et de la parution ou modifications des décrets, ce jeu fera l’objet de mises à jour, amendements et abondements réguliers.
A ce titre, une fiche de retour sera disponible dans chaque jeu, afin de répondre aux suggestions, réflexions et demandes de mises à jour.
Par ailleurs, une réflexion est en cours pour la réalisation d’une version “Junior”, une version “Grand Public”, d’une version accessible aux malvoyants et aveugles (version en grands caractères et/ou en braille)
Un jeu interactif : sous quelle présentation ?
- 1 plateau de jeu (35 cases dimension 80cm x 140cm)
- 1 Boite contenant : 1 dé ; 1 sablier (1mn à 3 mn) ; 6 pions de couleur en kit ; 1 jeton double face
- 1 classeur “Réponses” incluant la règle du jeu
- 100 cartes “Questions théoriques et générales”, 6 thèmes : Loi du 11 février 2005 et MDPH ; Prestation de Compensation du Handicap ; les Adultes ; les Enfants ; Sigles et Acronymes / Accessibilité ; Handicap : Connaissances Générales. 3 niveaux par thèmes (Débutant, Initié, Expert). Chaque carte comporte une question par thème.
- 50 cartes “Questions pratiques” comportant chacune 3 thèmes : Handicap Mental, Psychique et Troubles cognitifs ; Handicaps sensoriels et troubles de la communication ; Handicap moteur, Polyhandicap et Grande Dépendance
- 5 cartes “Cahin”
- 10 cartes “Caha”
Comment se procurer le jeu :
Il suffit d’adresser sa commande à : APF – Direction de la communication, 17 bd Auguste Blanqui, 75013 Paris
Prix : 250€ + frais d’envoi (10€ en colissimo)

Bons baisers de Dèche-sur-mer

 carte postale NPNS

« Vacances, j’oublie tout ! »… Un slogan que le collectif « Ni pauvre, ni soumis » n’entend pas reprendre à son compte cet été !
Le collectif lance une grande campagne d’envoi de cartes postales « Vacances à la Dèche-sur-Mer » au président de la République pour lui rappeler que cet été encore, des centaines de milliers de personnes en situation de handicap ou atteintes de maladie invalidante sont privées de vacances.
Pourquoi ? Parce que, ne pouvant pas ou plus travailler, elles sont condamnées à vivre toute leur vie sous le seuil de pauvreté et ne peuvent déjà pas assumer le quotidien !
Le collectif « Ni pauvre, ni soumis » dénonce également l’esprit du projet, aujourd’hui retiré, consistant à baisser de 100% à 35% le remboursement par la sécurité sociale des médicaments dits “de confort” pour les malades en affection longue durée (ALD), le reste étant « transféré aux organismes complémentaires » (mutuelles ou assurances privées) ! Cette mesure aurait accentué la précarisation de très nombreuses personnes, alors qu’elles n’ont pas les moyens d’avoir une mutuelle ou une assurance ! Le collectif sera d’une extrême vigilance quant à la réalité de ce retrait et à la réapparition sous une autre forme de cette proposition.
Enfin le collectif souligne qu’à l’heure où le SMIC est augmenté de 0,9%, l’Allocation Adulte Handicap, elle, ne progresse pas. Pourtant, l’engagement oral du précédent gouvernement promettait chaque année au 1er juillet une revalorisation de la garantie de ressources pour atteindre 80% du Smic net !
Le site Internet du collectif

(MAJ) Un revenu décent : le président ne l’entend pas de cette oreille !

coton tige

La conférence nationale du handicap aura fait “Pschitt”, selon la formule consacrée. Le discours du président de la République en ouverture laisse un goût amer aux associations qui attendaient mieux que de la condescendance. Finalement la marche du 29 mars 2008 n’aura pas permis ni au ministre de l’Emploi, Xavier Bertrand, à la secrétaire d’Etat aux Solidarités, Valérie Létard, ni à Nicolas Sarkozy de prendre en compte les véritables attentes des personnes porteuses de handicap, un revenu d’existence.
Si les annonces de création de 50 000 places supplémentaires dans les centres d’accueil pour personnes handicapées d’ici 5 ans et une augmentation importante du nombre d’enfants scolarisés dans l’école publique vont dans le sens souhaité, il n’a pas été question des moyens mis en œuvre. Le président a réaffirmé son engagement au droit à la scolarisation, à l’emploi, à l’accessibilité, … Un discours politique qui ne montre que l’engagement de mettre en œuvre la loi du 11 février 2005, une loi qui a du mal à trouver sa place dans la société française tant les élus locaux freinent pour sa mise en application.

(MAJ) : Les associations de lutte contre le SIDA exclues de la conférence alors qu’elles y étaient invitées, et pression policière sur un groupe d’une douzaine de militants venus manifester leur mécontentement… De nombreuses actions sont organisées dans les prochains jours en métropole.  Pour plus de renseignements le site nipauvrenisoumis.org

Une petite revue de presse sur cette conférence :
Le Journal du dimanche : Sarkosy se penche sur le handicap
Association des paralysés de France : Nicolas Sarkozy entre condescendance et vacuité
Ni pauvre ni soumis : Toujours pas de réponse sur les ressources.
20 minutes : Que pensent les associations des propositions de Nicolas Sarkozy
L’Express.fr : Les associations jugent insiffisant le plan présenté par Sarkozy.

Revue de presse sur Internet

Deux articles publiés cette semaine sur Internet ont retenu notre attention. Le premier concerne des indiscrétions sur le rapport Montagné, du nom du chanteur aveugle à qui le président de la République a demandé ce fameux rapport pour améliorer la situation des mal et non voyants.

Propositions Montagné : indiscrétions.
Si l’intégralité du rapport présenté au Gouvernement par Gilbert Montagné demeure confidentielle, les propositions finales ont été divulguées et critiquées par le C.N.P.S.A.A…
C’est sur yanous.com ICI

Le deuxième article concerne l’intégration scolaire et comment on peut s’asseoir sur la loi de l’égalité des chances en ne budgétisant pas l’intégration des enfants handicapés.

Handicap et intégration scolaire
« Tout le monde doit gérer le budget existant »
Jean-Luc Gartiser et Agnès Farkas

C’est sur Solidarité et progès ICI

Le préfet demande un rapport à la MDPH sur la situation des handicapés à La Réunion

Ni pauvre ni soumis

Le secrétaire d’Etat à l’outre mer est revenu à la Réunion faire des annonces qui ont leur importance économique en ce qui concerne la future loi sur l’outre mer. Oui, le secteur agro nutrition bénéficiera des avantages fiscaux de la zone franche globale. Tant mieux pour l’emploi, tant mieux pour la Réunion, tant pis pour le pouvoir d’achat des plus pauvres et notamment des bénéficiaires d’une allocation handicapé ou d’une pension d’invalidité, qui continueront à avaler des produits très cher made in Réunion fabriqués avec des matières premières made in de partout à un prix défiant toute concurrence, si tant est qu’il y en a une.
Pour autant, deux jours avant la visite ministérielle surprise, la préfecture a demandé à la maison départementale des personnes handicapée (MDPH) de fournir un rapport sur la situation à la Réunion. La petite manifestation et les ratés des services de la préfecture demandant au collectif ni pauvre ni soumis de la Réunion de “laisser au poste de police la motion et la pétition, quelqu’un s’en chargera pour la remettre au ministre” et les 45 minutes d’attente avant d’être reçu ont peut être fait désordre.
Ce rapport sera t-il rendu public histoire de voir comment les services départementaux voient la situation des personnes handicapées ?
Le collectif a demandé la reprises des réunions avec la préfecture pour que le dialogue se poursuive avec les représentants des personnes handicapées. Depuis 15 jours pas de réponse.
En revanche, ça bouge du côté des collectivité locales et notamment à la mairie de Saint-Denis qui recevra des représentants du collectif dès lundi 14 avril au matin.
Photo: entrée dans la préfecture de la délégation Ni pauvre Ni soumis et des deux élus ayant participé à la marche le 29 mars 2008

Si les « caisses sont vides »… nos poches aussi !

marche ni pauvre ni soumis

Après la manifestation de samedi dernier qui a réuni 35 000 personnes, et suite au rendez-vous très décevant avec Xavier Bertrand avant-hier, le collectif « Ni pauvre, ni soumis » dénonce l’indifférence manifeste du président de la République et de son ministre du Travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité, et leur refus d’examiner une demande concrète de réforme !
Pourtant, la demande de création d’un revenu d’existence est considérée comme « légitime » par Xavier Bertrand. Les Français soutiennent également les revendications du collectif : 90 % d’entre eux se déclarent favorables à la mise en place du « revenu d’existence » équivalent au SMIC pour les personnes qui ne peuvent pas ou plus accéder à un emploi pour des raisons de handicap, de santé ou de vieillesse (Sondage IFOP pour APF, décembre 2007).
Réunies le 2 avril, les organisations associatives du collectif ont décidé de poursuivre leur mouvement et d’agir avec insistance jusqu’à obtention d’un revenu d’existence pour les personnes en situation de handicap et de maladie invalidante qui ne peuvent pas ou plus travailler. Sans attendre la conférence nationale du handicap qui aura lieu début juin, les organisations du collectif demandent que les améliorations de l’allocation aux adultes handicapées (notamment les conditions d’accès au complément de ressources ou la prise en compte des ressources du conjoint) puissent être adoptées rapidement. Des actions vont se développer dans toute la France.
Le collectif « Ni pauvre, ni soumis » réaffirme sa détermination à des responsables politiques qui ne voient pas, à des responsables politiques qui n’entendent pas, à des responsables politiques qui ne comprennent pas ! Et le collectif « Ni pauvre, ni soumis » lance un appel à venir le rejoindre à toutes les personnes concernées ou non, à tous les citoyens, à toutes les associations, à tous ceux qui souhaitent défendre une société solidaire, qui ne réduit pas sans cesse l’homme à sa capacité de travail !

Les réactions sur le site national Ni pauvre Ni soumis

Petite revue des titres de la presse métropolitaine

Les médias ont largement relayé la marche de Ni pauvre ni soumis ainsi que les mesures annonçant une augmentation de 5 % de l’AAH. A La Réunion les journalistes des trois quotidiens, des radios et des télévisions ont bien fait leur travail d’information. En métropole, plusieurs centaines d’articles traitent les divers aspects de la revendication : revenu, emploi, formation, précarité, etc. Sur le site news.google.fr on trouve un florilège de la presse nationale.

Les handicapés et les malades “ni pauvres, ni soumis” crient “leur révolte”
AFP 29/3/2008
Handicapés et invalides manifestent pour un revenu décent
L’Express 29/3/2008
“C’est la révolte des handicapés!”

Libération - 29 mar 2008
Les handicapés dans la rue à Paris pour un revenu équivalent au SMIC
nouvelobs.com - 29 mar 2008
Malades et handicapés défilent dans les rues de Paris
Le Figaro - 29 mar 2008
Les handicapés réclament un revenu “d’existence”
Le Monde - 29 mar 2008
Handicapés, malades et invalides défilent pour un revenu “décent”
AFP - 28 mar 2008
Les handicapés se rebiffent
Le Parisien - 28 mar 2008
Handicapées, elles refusent d’être culpabilisées
Ouest-France - 28 mar 2008
« Handicapés, citoyens, mais pas mendiants »
Ouest-France - 28 mar 2008
Les handicapés veulent vivre dignement
Ouest-France - 28 mar 2008
Les handicapés lancent un appel à l’Elysée
Europe 1 - 28 mar 2008
Les handicapés dans la rue samedi pour un “vrai revenu d’existence”
La Tribune.fr - 28 mar 2008
Handicap: les sourds et malentendants craignent d’être oubliés …
Le Monde - 27 mar 2008
Allocation: Sarkozy “se fout des handicapés”, selon Act-Up
France Info - 25 mar 2008
L’allocation adultes handicapés augmente de 5%
Le Parisien - 25 mar 2008
Avec 628 euros par mois, Michèle, handicapée, crie son ras-le-bol
La République du Centre - 28 mar 2008
Sida : la précarité tue
Act Up-Paris - 28 mar 2008
« Vivre pas survivre »
le Patriote - 28 mar 2008
La loi de 2005 bientôt revue et corrigée
maville.com - 28 mar 2008
Allocation adultes handicapés :le gouvernement peut mieux faire
Doctissimo - 27 mar 200
Etc, etc, etc.

La Réunion se fait entendre

manifestation  à La Réunion

Ils sont venus mais n’étaient pas tous là… tant pis ! au lieu de 10 000, c’est un demi millier de personnes qui se sont déplacées pour demander un revenu d’existence pour des conditions de vie décente. Un revenu, et non plus une allocation, égal au SMIC.
Une satisfaction pour les membres du collectif de la Réunion qui a monté cette opération en seulement un mois, sans budget;
Satisfecit également pour les associations qui ont participé et pour leurs adhérents qui se sont déplacés et levés tôt pour être présents.
Satisfecit pour les élus qui sont venus soutenir les personnes handicapées, leur famille et leurs amis qui les ont accompagnées. Madame la sénatrice Gélita Hoareau et Monsieur Gino Ponin-Balom, conseiller général.
Il a fait beau et la marche s’est déroulée “dans une ambiance bon enfant”, selon la police, “on s’est bien amusé” selon les manifestants. Le cortège emmené par les membres du collectif a descendu la rue de Paris et l’avenue de la Victoire avant de se regrouper devant les grilles de la préfecture.
Là les choses se sont quelque peu gâtées puisque qu’il a fallu attendre près de 45 minutes pour que les membres du collectif soient reçus par le sous directeur du cabinet du préfet. Des handicapés qui arrivaient là comme un cheveux sur la soupe, car les services ont à gérer : la visite du secrétaire d’Etat Yves Jego, l’ex homme fort d’Anjouan, le colonel Bacar temporairement refilé aux magistrats qui n’en ont pas voulu… Bref, finalement une entrevue d’une demi heure durant laquelle Jean-Bernard Sangaria, porte parole du collectif, a exprimé les souhaits des personnes handicapées de la Réunion en lisant la motion (voir par ailleurs). La conversation a dévié sur la relance des réunions des associations représentatives du handicap avec la préfecture pour enfin terminer par la remise des signatures de la charte, un bon millier. Le tout sera remis au secrétaire d’Etat, à son arrivée. Il aura la charge de remettre tout cela au président Sarkozy.

La motion est visible en cliquant ICI

Bien entendu cette journée est immortalisée par votre serviteur là avec tout plein de photos

Comment donner le vertige à des journalistes…

conférence de presse de ni pauvre ni soumis à la réunion

Précarité, éducation, assistance, allocation, revenu décent, revalorisation, travail, ce sont quelques uns des sujets abordé ce matin lors de la conférence de presse que le collectif a tenu devant les journalistes des médias réunionnais. Des sujets denses et où le vécu des personnes devient un élément primordial.
Maladie, chômage, dettes, expulsion, c’est un des drames évoqués. La faiblesse des allocations, quelles soient de la sécurité sociale ou de la CAF, ne permet pas d’avoir un projet de vie cohérent. 628 euros, est bien trop insuffisant pour permettre de fonder une famille pour un jeune, de projeter un achat pour le plaisir. “Souvent le 20 du mois in ne reste que quelques euros une fois le loyer payé, l’électricité, le téléphone, la nourriture.
La simplification des procédures et un même traitement d’un département à l’autre. Car, pour un cas identique, à Paris on obtient l’aide d’un tierce personne 20 h/24 alors qu’à la Réunion ce ne sont que trois heures qui sont allouées. “C’est une question de formation” relève un des membres du comité de pilotage du collectif Ni pauvre ni  soumis. Le vertige, c’est ce que donne cette conférence où les membres participant, malade, parents d’enfants malades ou handicapés on exprimé leur vécu, leur quotidien. c’est pour cela que cette marche devra être un succès.

Pour vous, ils témoignent…

affiche ni pauvre ni soumis fauteuil

Ces témoignages sont tirés du dossier de presse Ni pauvre ni soumis, il y en a beaucoup d’autres…

200 euros pour une mère et son fils
Madame Charpentier, 48 ans, souffre d’une déficience visuelle évolutive. Elle a travaillé jusqu’en 1996 où elle a été licenciée pour inaptitude. Elle a été présidente de la section FNATH de Chaumont (Haute-Marne). Elle touche une pension d’invalidité de 2e catégorie équivalente à 457 euros nets par mois. Elle ne peut prétendre au complément de ressources et conserve l’ACTP qu’elle estime plus avantageuse pour elle. Cela couvre notamment ses dépenses pour son chien guide. Elle touche un complément de 76 euros du Fonds spécial invalidité (FSI) et perçoit, dit-elle, une pension alimentaire de 76,22 euros ( ! ) pour son fils de 15 ans de la part de son ex-mari. “ La Sécurité sociale se fie au jugement prononcé par le juge aux affaires familiales, même s’il y a manifestement défaut de paiement, elle n’en tient pas compte », constate-t-elle amèrement. Grâce à l’APL, elle a pu obtenir un logement « plus ou moins » adapté qui lui coûte au final 200 euros par mois. « Il nous reste donc environ 200 euros pour moi et pour mon fils pour les dépenses du mois.”

Je ne prends qu’un vrai repas par jour
Giovanni, 47 ans, célibataire, Paris
Séropositif depuis 1993 – pension d’invalidité d’environ 630 € par mois
“ Les franchises vont rendre plus difficile encore ma situation qui l’est déjà beaucoup. Je perçois une pension d’invalidité de 630 euros par mois et une allocation logement de 200 euros. Une fois que j’ai payé mon loyer, ma mutuelle et les charges, il me reste moins de deux cents euros pour boucler mon mois. Cela devient de plus en plus difficile.
Avec mes quinze boîtes de médicaments, mes consultations, les séances de kiné dont j’ai besoin pour mes jambes qui me font souffrir, les 50 euros de franchises seront vite atteints.
Je sais que je vais désormais réfléchir à deux fois avant de faire certains soins. Il est faux de croire que toutes mes dépenses de santé sont remboursées parce que je suis pris en charge à 100 % pour le VIH. Par exemple, j’ai des problèmes de gencive du fait de ma maladie. Mais pour cela, je paie plein pot comme tout le monde. Je suis parfois obligé de prendre d’autres médicaments qui ne me sont pas prescrits pour le VIH, ce qui fait des frais supplémentaires puisqu’ils ne sont pas couverts par le 100 %.
Faute de moyens financiers, je ne prends qu’un vrai repas par jour.
C’est évident que Roselyne Bachelot ne connaît pas des gens qui sont dans ma situation où alors c’est qu’elle n’a pas réfléchi aux conséquences d’une telle mesure pour les gens comme moi.”
La peur, la honte, la culpabilité
Hervé, 48 ans, divorcé et grand-père, Dunkerque
Séropositif – 723 € de pension invalidité + assurance rente incapacité 950€ par trimestre (imposables ce qui lui a fait perdre APL + lui fait payer redevance télé et taxe habitation)
“ Une fois les dépenses indispensables (loyer, EDF/GDF/eau, taxe ordure ménagères, mutuelle, assurance habitation, téléphone/Internet/TV, contrat obsèques, aide-ménagère…) enlevées à mes ressources, il me reste 360 € par mois pour survivre. Et je ne déduis pas encore tous les petits prélèvements comme les 1€ par acte médical et maintenant les 0,50€ par boîte de médicament, les frais de soins non-remboursés par la Sécurité Sociale, les frais postaux, les frais bancaires…
Je n’ai aucun loisir, je n’ai pas de vie sociale, la peur, la honte, la culpabilité, je reste chez moi me forçant à réduire la moindre dépense !
Je me sens culpabilisé au quotidien, obligé de raquer sans arrêt pour des choses essentielles à la vie. Je vis l’angoisse permanente des factures, des soucis médicaux, de l’avenir. J’ai peur d’arriver à 60 ans, au moment où je percevrais la retraite vieillesse qui sera encore inférieure à ce que je perçois actuellement mais aussi au moment où ma rente me sera supprimée ! Je n’ai pas envie de finir sous les ponts, SDF.”

33 associations réunionnaises se sont déclarées à ce jour solidaires de Ni pauvre ni soumis

 « Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence ». C’est ce que dit l’alinéa 11 du préambule de la Constitution de 1946. Ce revenu d’existence décent est donc un droit…
Ce sont les derniers jours pour mobiliser le plus largement possible les associations, et toutes les personnes concernées de près ou de loin par un changement radical de la manière de penser la vie des personnes ne pouvant travailler à cause d’un handicap ou d’une maladie.
A ce jour des associations se sont ouvertement déclarées à la Réunion. la liste ci-dessous n’est pas exhaustive et va certainement évoluer dans les prochains jours.

1.AFM délégation de la Réunion 2. Collectif AVEC 3. Comité Régional Handisport 4. G. I. H. P 5.A. D. H. E. R. E 6. Collectif des radios associatives 7. Association des Sourds de la Réunion 8. Comité Régional de Sport Adapté 9. A . M. I. E. S 10. Saint-Paul Handisports 11. ARFAMHP 12. ASCDVR 13. Vaincre la Mucivicidose 14. A. L. E. R (Leucodystrophie) 15.LIAISON Autrement (le Port) 16.A . H. P. S (Saint-Pierre) 17.Handisport Saint-Benoît 18.A. H. P . Plaine des Palmistes 19.Handisport Saint-Joseph 20.Hand’icare 21.Association Allons Bouger (St-Gilles les hauts) 22.A. S. P. H du Tampon 23. A. H. D. E. H (Cilaos) 24.C. L. E . R (Tampon) 25. A. S. C. P. H de Sainte-Marie 26.C ; O. S. E. de Trois-Bassins 27.Handisport Club Saint-Denis 28.Athlétisme Club de Saint-Paul 29.Handisport Sainte-Suzanne 30.    Association Mixte e l’Ouest 31.Run handi Move 32.Union des handicapés panonais 33.Association sportive IME Saint-Louis.

Pour contacter le collectif réunionnais : nipauvrenisoumis@handireunion.org

A La Réunion le mouvement s’amplifie et l’intendance le devance

NPNS

Ça commence à bouger à la Réunion. Le collectif Ni pauvre ni soumis qui s’est mis en place le 22 février 2008 avance à grand pas dans l’organisation du grand défilé du 29 mars 2008 entre le jardin de l’Etat et la préfecture. Dores et déjà, les sites des parking des transports adaptés et des voitures individuelles sont retenus. La confirmation des services de la voirie de la mairie de Saint-Denis ne devrait plus tarder. Sous réserve de changement de dernière minute, les aires de stationnements dans le bas de la rivière et de l’ancienne gare routière face Aux trois brasseurs devraient être désignés. Le collectif a grand besoin de bénévoles pour assurer la sécurité de ces parking. Ils peuvent s’adresser à Eric Labaume (0692 04 27 46). En ce qui concerne le défilé, tout est mis en œuvre pour assurer une assistance aux personnes qui en auront besoin. Quatre ambulances seront mobilisées en cas de besoin, ainsi que des équipes de secouristes.
Pour l’organisation des transports gratuits, chaque association contactée par le collectif de la Réunion a reçu une fiche de réservation à remettre au GIHP avant le 21 mars. en effet un délai d’une semaine est nécessaire pour organiser le ramassage qui ne se fera pas de porte à porte.
Près de 200 associations ont été contactées, associations de malades, oeuvrant dans le domaine social de ce secteur ou de celui du handicap, des associations qui touchent de près ou de loin les bénéficiaires de l’AAH. Beaucoup ont déjà répondu et soutiennent le mouvement. Ti pas ti pas, la mobilisation prend corps et la charte de soutien circule.

A Toulouse, les militants de NPNS rendent les 1,1 % d’augmentation de l’AAH à Nicolas Sarkozy

 remise de chèque de 6,83 euros à Toulouse

Malgré une situation financière pénible, les militants de Ni pauvre ni soumis de Toulouse ne manquent pas d’humour. Ils ont décidé de rendre chaque mois au président de la République le montant de l’augmentation de l’AAH de 1,1 % au mois de janvier. Chacun vient remettre au préfet un chèque 6,83 euros à l’ordre de Nicolas Sarkozy. Cela pour rappeler la promesse électorale du candidat à la présidentielle qui s’était engagé à revaloriser l’AAH de 25 % en cinq ans. Une soixantaine de personnes participaient à cette action qui a eu lieu le 12 mars 2008
Photos sur le site : Ni pauvre ni soumis

Une semaine pour mobiliser

affiche ni pauvre ni soumis fauteuil

La semaine post électorale s’annonce riche sur le plan politique. Les conseillers municipaux élus au deuxième tour vont installer la première et le premier d’entre-eux, et chaque maire a reçu un courrier lui demandant de soutenir le collectif Ni pauvre ni soumis. Une missive envoyée avant les élections et à laquelle aucun d’entre-eux n’a encore répondu. D’ailleurs, chaque personnalité élue à La Réunion en a reçu une.
Pour Ni pauvre ni soumis à la Réunion, cette semaine doit permettre de compter les troupes. Le collectif des sourds de la Réunion vient de rejoindre le mouvement. Un mouvement qui dépasse le champ du handicap puisque ce sont tous les bénéficiaires d’une allocation compensant l’incapacité à pouvoir travailler qui sont concernés. Ça devrait faire du monde. Les responsables des associations devraient donc mobiliser fortement leurs adhérents et les sympathisants. Associations de malades, d’accidentés, de déficients, il est nécessaire d’être tous présent le 29 mars à 11 heures au Jardin de l’Etat pour demander que le système change, que l’allocation devienne un revenu décent au moins égal au SMIC brut. Quels projets de vie peut on mener avec 628 euros par mois ? Cette revendication nationale est un engagement pour l’avenir et c’est celui qui doit primer. Les problèmes locaux avec les institutions devront faire partie d’un autre mouvement car il faut “aussi” régler les dysfonctionnements à La Réunion.
C’est pour cela qu’ensemble, les collectifs et les associations réunionnaises pourront se faire entendre. La loi de 2005 n’est pas admise par une partie de la classe politique toutes étiquettes confondues, et elle est dénaturée de ses principes par les décrets d’application ou des circulaires ministérielles. Un bénéficiaire du RMI conserve son allocation en cas de retour à l’emploi, le bénéficiaire de l’AAH non.

Pour joindre le Collectif Ni pauvre ni soumis de La Réunion c’est nipauvrenisoumis@handireunion.org
ici : Un superbe dossier sur le handicap dans l’Express de Maurice

Mobiliser les associations récalcitrantes à lutter pour l’urgence d’un revenu d’existence

affiche ni pauvre ni soumis

Pour Jean-Bernard Sangaria, délégué régional de l’AFM, “il est important que toutes les associations nationales représentées à la Réunion participent à cette action. Nous les avons invités à participer à notre deuxième réunion le 11 mars qui se tiendra à Saint-André au siège de l’association AMIES”. Une rérunion importante puisqu’elle devrait lancer le mouvement Ni Pauvre Ni Soumis dans une phase plus active pour préparer la manifestation du 29 mars à Saint-Denis.
Plus de 70 associations sur la plan national ont rejoint le mouvement et dans de nombreuses régions des actions ponctuelles sont menées. Pour les organisateurs réunionnais c’est la grande inconnue. Le transport est la clé de voûte de la réussite. La CIREST a d’ores et déjà répondu présent en mettant à disposition pour les habitants des communes de l’Est son service de transport adapté. Les associations gestionnaires de centres semblent frileuses et leur participation n’est pas confirmées, d’autres associations on déjà annoncé qu’elles ne participeront pas à la manifestation.
Les affiches sont prêtes pour être envoyées à l’impression. Le compte à rebours est lancé comme les courriers aux élus posté en début de semaine dernière. Pour l’instant la campagne électorale mobilise leur énergie, mais au lendemain, les personnes malades ou handicapées pourront savoir sur qui elles peuvent compter pour les défendre.
Pour autant, il est important de signer la charte nationale sur le site national, ou les pétitions qui circulent à la Réunion et qui seront remises au préfet, si celui-ci reçoit la délégation. Une demande dans ce sens a été lancée.
affiche ni pauvre ni soumis fauteuil