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Faites vos vœux, rien ne va plus !

Pere Noel

Que peuvent attendre les personnes handicapées de la Réunion de la visite du président Sarkozy ? Les 681,63 euros que représente l’allocation adulte handicapé (moins pour les pensions d’invalidités) sont largement amputés par le coût de la vie outre mer. L’Autorité de la concurrence saisie par Yves Jego, alors secrétaire d’État à l’Outre mer, le 18 février 2009 dans son Avis du mois de septembre (Avis n° 09-A-45 du 8 septembre 2009) relève que, la fiscalité, l’éloignement de la métropole ne peuvent à eux seul expliquer le niveau des prix de détail observés. L’écart de prix médian est de 55 % plus cher hors produits frais (65 % en Guadeloupe, 70 % en Guyane et Martinique). Le pouvoir d’achat des familles, et à plus forte raison des allocataires de l’AAH, et autres allocations, est divisé par deux.

A cela s’ajoute des conditions de vie très souvent difficiles à cause d’un habitat pas adapté, des listes d’attente exponentielles pour obtenir une place en institution ou un logement adapté, le fonctionnement erratique de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) et pour lequel l’État à sa large part si l’on en croit le rapport des sénateurs Paul Blanc (UMP) et Annie Jarrau-Vergnolle (PS) et du dépôt de loi pour améliorer le fonctionnement des MDPH.

A cela s’ajoute les tentatives du gouvernement d’attaquer la loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées en modifiant le droit à l’accessibilité dans les constructions neuves. Un texte de loi introduit dans la loi de finance rectificative de 2009, voté par le parlement. Cette loi est finalement annulé par le Conseil constitutionnel pour la méthode employée pour tenter de le faire passer. Déjà, le décret de 2007 autorisant des dérogations avait été annulé par le Conseil d’État au mois de juillet.

L’AGEFIPH a fourni un travail remarquable en 2008 pour informer les entreprises de plus de 20 salariés de la nécessite d’embaucher des travailleurs handicapés. L’association a accompagné 206 000 personnes handicapées dans leur parcours vers l’emploi et 100 000 entreprises dans leurs actions en faveur des personnes handicapées. 70 % des entreprises ont embauché. Cela est remis en cause sous la pression d’un syndicat de petites et moyennes entreprises. L’augmentation de la contribution a été déclarée de six mois par la secrétaire d’État chargé de la famille et de la solidarité, Nadine Morano. Celle-ci avait réuni les dirigeants des entreprises du CAC 40 le 13 novembre 2008 à son ministère pour signer une charte d’engagement en faveur de l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap. Cela fait 5 ans que la loi a été promulguée. Avant la crise. Sans concertation préalable avec les associations représentatives de personnes handicapées cette disposition forte et contraignante en faveur de l’insertion professionnelle est suspendue.

L’association des paralysés de France (APF) proclame déjà 2010 comme une année noire pour les personnes handicapées. Aujourd’hui, on utilise l’introduction de lois pour porter atteinte à la loi de 2005. Ces textes pour l’exclusion sont largement votés par les députés de la majorité. Visiblement on s’affole en voyant la date buttoir de 2015, 10 ans après le vote, concédée aux élus pour sa mise en œuvre complète. Cela ne sera pas, et peut être jamais respecté tant le retard pris par les collectivités est important. Alors que d’autres ont relevé leurs manches dès le début.

On ne peut que déplorer que la loi soit vidée des contraintes en cas de non respect des devoirs qu’a la société envers les personnes handicapées. En revanche, les obligations des personnes handicapées ne cessent d’augmenter du fait de leur handicap : fiscalisation des indemnités accident du travail, projet de modifications des modalités de calcul de l’allocation aux adultes handicapés ayant des revenus d’activité professionnelle pouvant conduire à la suspension de son versement, proposition de loi tendant à rendre optionnel l’élaboration du projet personnalisé de compensation et adopté par l’assemblée nationale.

Enfin, le transport des personnes à mobilité réduite (PMR) et plus particulièrement les personnes en fauteuil électrique, est un véritable scandale à La Réunion. Une association sur toute l’île est organisée pour cela, le GIHP. Pour pratiquer un tarif concurrentiel avec les services offerts aux valides, elle compte sur la subvention publique des communes, de l’intercommunalité et du Département. Cela conduit à une situation de monopole de fait qui, on l’a vu il y a quelques jours, à la prise en otage des personnes handicapées pour obtenir des institutions qui ne donnent pas, ou pas assez, de subventions pour l’exercice 2010.A tout cela, s’ajoute les dégâts collatéraux de la mise en liquidation de l’ARAST et du conflit qui en découle depuis bientôt deux mois. Alors que peut ont attendre ?La formation des prix Outre Mer