Mairie de St-Denis

Les messagers de l’espoir

Intégrer le handicap naturellement dans les projets

“Il y a des obligations légales, allons se concentrer sur ce qui est obligatoire avant de se disperser” C’est par cette formule qu’Ericka. Bareigts, 2e adjointe au maire de Saint-Denis, ouvre l’entrevue demandée par la nouvelle municipalité au collectif Ni pauvre ni soumis après le défilé du 29 mars 2008. Une prise de contact nécessaire avec les représentants des associations dionysiennes œuvrant dans le handicap.
Françoise Michel ouvre le débat avec la question de la création de la commission communale d’accessibilité. Un des projets phare de la loi du 11 février 2005 et dont l’application était immédiate. Une commission qui n’a jamais vu le jour à Saint-Denis sous le mandat du député maire René-Paul Victoria qui avait pourtant voté ce texte majeur. Pour le comité régional de sport adapté, il faut avoir “une approche globale de l’accessibilité en développant l’accueil des personnes handicapées”. Soulignant pour tout type de handicap.

Le collectif NPNS va s’ouvrir
Jean-Pierre Clain, de l’association des sourds de la Réunion, demande un local plus grand pour recevoir ses 160 adhérents. Un local occupé actuellement sans titre. Le tout exprimé en langue des signes. le délégué de l’AFM à La Réunion, Jean-Bernard Sangaria, rappelle la mission de l’AFM : aider sur tout le département à soulager les familles et à rendre autonomes les personnes porteuses d’une maladie invalidante. Il a également rappelé la constitution et l’objectif du collectif Ni pauvre ni soumis : les difficultés des allocataires de l’allocation adulte handicapée (ou toutes autres prestations) à vivre normalement. Il a insisté sur le fait que le collectif allait s’ouvrir vers d’autres mouvements, y compris vers les groupements des professionnels de santé et plus largement vers les professionnels du secteur social. La problématique du transport, sujet récurant qui n’a toujours pas abouti à la Réunion, son coût pour une personne non marchante et leur exclusion du dispositif de Pass transport mis en place par le conseil général. “C’est un budget important pour les personnes handicapées” insiste le délégué AFM.

Les sportifs handicapés passent après…
Quant à Annick Amacouty, directrice technique régionale du comité régional handisport, rappelle que la municipalité permet aux associations présentes dans la ville de bénéficier de locaux sur les sites sportifs de Champfleuri et la Redoute ; qu’une convention passée avec la mairie depuis de nombreuses années permet la mise à disposition d’éducateurs ainsi que du gymnase des Deux canons. Enfin elle soulève le problème du transport pour se rendre sur les lieux d’entraînement, la vétusté des installations sanitaires et les problèmes d’hygiène que cela entraîne, quand elles sont accessibles. Enfin les créneaux horaires proposés pour la pratique sportive en prenant pour exemple une proposition d’un créneau piscine à 20 h 30… Il faut se débrouiller avec les clubs valides, “c’est du système D”.

Amener les élus à un automatisme d’intégration
Ericka Bareigts a pris note des attentes et a assuré de la volonté de ce nouveau conseil municipal d’avancer dans ce domaine. Elle avoue que peu d’élus sont sensibilisés à ces questions mais qu’elle s’attachera à rendre la gestion de ce dossier “transversale et verticale” afin d’aboutir à un automatisme chez les élus quand il s’agit d’intégrer le handicap dans les projets. Elle remarque qu’il faut avoir une méthode pour mettre en place les choses si petites soient-elles dans la mesure où cela débloque autre chose. “Il faut réfléchir à ce que l’on va viser en premier. On souhaiterait arriver à cela”.
Il a également été question du schéma directeur sur le transport ainsi que des fonds du FIH peu utilisés par les communes à la Réunion. Un argent qui permettrait de former le personnel municipal à l’accueil des personnes handicapées. L’accessibilité et la participation des associations représentant les handicaps sensoriel, non voyants, sourds, plus aptes à apporter des solutions en matière de signalisation. “A quoi sert un dispositif d’alarme sonore pour un sourd ?” fera remarque M Smith du collectif des sourds de la Réunion.
Les membres du collectif sont repartis avec le sentiment d’avoir été écouté. Il est évident que les problèmes de fonds ne seront réglés qu’au fur et à mesure durant la mandature et seront dissociés des problèmes quotidiens tels les locaux.